Origine des mots mathématiques

Des chiffres
et des lettres

Les mathématiques sont un langage et celui-ci est constitué d'un vocabulaire riche. À chaque parution, nous nous intéresserons aux origines de quelques mots du langage mathématique.

Statistique

Dessin à l'encre d'un graphique en lignes brisées sur une grille.

De nos jours, les statistiques sont omniprésentes. D’ailleurs, lors du premier cours de Probabilités et statistique, je lance toujours le défi à mes étudiants de tenter de passer une journée sans rencontrer de statistiques. Essayez… cela est nettement plus difficile qu'il n'y paraît !

Toutefois, à l'origine, ce terme n'avait pas une signification aussi vaste. Issu du latin statisticus, il signifiait « relatif à l'État ». On note d'ailleurs la similarité avec le mot anglais state (état). À l'époque, les statistiques se rapportaient principalement aux données politiques, telles que la taille de la population, la gestion des impôts et les caractéristiques des habitants d'une région.

Un fait intéressant : avant le 18e siècle en Angleterre, on utilisait souvent l'expression political arithmetic (arithmétique politique) plutôt que le terme statistique.

Algèbre

Dessin à l'encre d'un x calligraphié aux larges boucles.

Le terme algèbre vient de l’arabe al-jabr, qui signifie « restauration », « réunion des parties brisées » ou « remise en place ». Il apparaît dans le titre d’un ouvrage fondamental en mathématiques écrit par le mathématicien persan Al-Khawarizmi au 9e siècle.

Ce mot fait référence aux opérations effectuées dans une équation pour regrouper des éléments de même nature, un peu comme si on recollait les morceaux d’un puzzle.

Prenons l’exemple de l’équation 7x+5=3x+1. On réorganise les variables et les constantes dissociées (les « parties brisées ») en soustrayant 3x et 5 de chaque côté. Cela nous donne la forme « restaurée » 4x=−4, puis x=−1.

Faire de l’algèbre, c’est donc un peu jouer les médiateurs, en réunissant des termes qui s’étaient perdus de vue pour former une solution harmonieuse !

Diagonale et diamètre

Dessin à l'encre d'un cercle traversé par deux diamètres perpendiculaires.

Le mot diagonale vient des mots grecs dia, qui signifie « à travers », et gonia, qui désigne « angle » ou « coin ». La diagonale est donc littéralement une ligne qui traverse une figure d’un coin à un autre.

Quant au mot diamètre, il est intéressant de noter qu’en grec ancien, diametros et diagonalis avaient initialement des significations similaires, toutes deux désignant une ligne traversant une figure. Composé de dia (« à travers ») et metron (« mesure »), le terme diamètre a progressivement évolué pour se spécialiser au contexte exclusif du cercle. Contrairement aux figures à coins, le cercle ne permet pas de parler de diagonale, d’où le sens actuel du mot diamètre : la mesure d’une ligne passant à travers un cercle, reliant deux points de sa circonférence tout en passant par son centre.