Pédagogie

Monsieur…
J’ai tout oublié !

Illustration de bande dessinée : un étudiant ébouriffé, les mains sur les joues, l'air paniqué devant ses livres et ses feuilles de notes.

Ah, la mémoire, cette capacité essentielle et si souvent sollicitée par les étudiants qui jonglent avec plusieurs cours chaque session. Il est étonnant de constater combien peu parmi nous comprennent réellement le fonctionnement de la mémoire et les stratégies pour améliorer notre capacité à retenir l'information. Pour transformer l'apprentissage en quelque chose de plus significatif que de simples sessions intensives de mémorisation, il est crucial de revisiter nos méthodes de rétention de l'information. Explorons donc ce fascinant processus mental.

Deux types de mémoires

Comprendre la mémoire implique de saisir qu'elle opère en deux étapes : la mémoire à court terme et la mémoire à long terme. Pour qu'une information atteigne votre mémoire à court terme, il est essentiel de lui accorder de l'attention. Ainsi, contrairement à une idée reçue, notre cerveau n'enregistre pas automatiquement tout ce qu'il perçoit. Par exemple, si mon esprit vagabonde ou si je suis absorbé par mon téléphone, l'information présentée m'échappe, rendant impossible sa mémorisation à court terme.

Illustration : un seau de bois rempli par un tuyau d'arrosage, l'eau débordant de tous côtés.

À l’inverse, une information convenablement captée et encodée grâce à notre attention rejoint alors la mémoire à court terme. J'aime imaginer cette dernière comme un seau que l'on remplit sans cesse de nouvelles données. Ce seau, toutefois, a une capacité limitée et ne peut se remplir indéfiniment. À partir d’un certain point, il déborde. Ainsi, avec le temps, les informations en mémoire à court terme disparaissent, remplacées par de nouvelles. D'où l'importance de transférer les informations pertinentes vers la mémoire à long terme.

Du court vers le long terme

Il y a plusieurs techniques pour faciliter le passage de l'information de la mémoire à court terme à celle à long terme, toutes basées sur la réactivation de l'information avant qu'elle ne s'efface. Le temps joue un rôle clé dans l'efficacité de ces méthodes. Voici quelques suggestions :

Résumer un cours en fin de journée

Une stratégie efficace est de résumer les points clés d'un cours le jour même. Par exemple, après un cours sur le produit scalaire, je pourrais noter quelques éléments essentiels :

  • Le produit scalaire donne un nombre.
  • Il y a deux façons de le définir.
  • Son résultat est nul pour des vecteurs perpendiculaires.
  • Il aide à calculer l'angle entre deux vecteurs.

Ces quelques lignes capturent l'essentiel d'une heure de cours, filtrant l'information superflue et assurant votre préparation pour la suite.

Discuter du cours

Pour ceux qui préfèrent une approche plus sociale, discuter des points saillants d'un cours avec une autre personne peut être tout aussi bénéfique. Cela ressemble au moment où, enfant, on vous demandait ce que vous aviez appris à l'école.

Faire ses exercices

En mathématiques, réaliser des exercices peu après avoir appris un nouveau concept est une manière efficace de l'ancrer dans la mémoire à long terme. Cela signale à votre cerveau l'importance de l'information, car elle est régulièrement sollicitée pour résoudre des problèmes.

C'est aussi pourquoi il est très difficile et bien moins efficace de se plonger dans ses exercices une semaine ou plus après avoir appris une information. Ce n'est pas que vous n'êtes pas intelligent, mais plutôt que l'information ne se trouve même plus dans le seau de notre mémoire à court terme, vous obligeant à réencoder l'information comme si c'était la première fois que vous alliez à sa rencontre.

À éviter

Lorsqu'un étudiant a négligé son étude et qu'un examen est imminent, il arrive qu'il s'impose un blitz d'étude dans les 48 heures qui précèdent l'examen. C'est ce qu'on appelle le cramming. Cette méthode hautement contre-productive cherche à surcharger la mémoire à court terme, espérant maintenir son contenu jusqu'à l'examen. Cette stratégie mène souvent à une faible rétention d'information et alimente le sentiment d'aller à l'école pour recracher du contenu à l’évaluation, alors qu'il s'agit en fait de la conséquence d'une bien mauvaise technique d'étude.

En conclusion

Il existe de nombreuses méthodes pour favoriser la rétention et un réel apprentissage (les répétitions espacées, par exemple) et je vous encourage à vous y intéresser. Néanmoins, les quelques conseils prodigués ici sont déjà une base solide pour quiconque est désireux de renforcer son processus d’apprentissage et de reprendre le contrôle sur son éducation plutôt que de la subir.